Il s’agit d’un élevage de poulets dans la Drôme et de vaches en Haute-Vienne.

Je ne vais pas vous parler de l’élevage paysan, plein air, qui laisse les animaux pâturer dans les prés. Non, je vais m’arrêter sur l’autre facette de l’élevage français, moins connue, moins jolie et qui, pourtant, prend de l’ampleur : les fermes usines à l’américaine. Deux nouveaux méga-projets pourraient voir le jour prochainement dans notre pays et montrent bien toute la folie de ce modèle.

Le premier se situe à Peyrins, dans la Drôme, où un élevage industriel de poulets souhaite s’agrandir pour produire plus d’un MILLION de poulets par an

Vous avez bien entendu, il n’y a pas d’erreur : un million de poulets par an, produits par UN SEUL élevage.

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140 000 animaux seront donc présents simultanément dans les bâtiments, sans accès à l’extérieur, avec une densité de 21 poulets par m2, ce qui représente moins d’une feuille A4 par poulet. Derrière ce projet fou, on trouve le groupe DUC, qui appartient à un géant néerlandais de la volaille, et qui se fiche pas mal des protestations du village de Peyrins. Car le maire et un collectif d’habitants craignent notamment des problèmes d’odeurs, des pollutions, et une pression sur la ressource en eau, alors que la zone est déjà en tension sur l’eau potable.

Alors certains pourraient m’objecter qu’au moins, ce projet donnera du travail à beaucoup de monde. C’est souvent l’argument qui est utilisé. Mais devinez combien de personnes travailleront dans cette ferme usine pour produire 1 million de poulets par an ? Trois ! Trois emplois pour UN MILLION DE POULETS. C’est là qu’on se rend compte que l’élevage industriel, en plus de polluer énormément et de faire souffrir les animaux, détruit aussi les emplois des paysans.

Camille passe au vert
5 min

Le deuxième projet dont je veux vous parler se situe lui en Haute-Vienne, à Peyrilhac

Cette fois, ce sont des vaches qu’on va entasser dans des bâtiments. Et pas qu’un peu, puisque le groupe agroalimentaire T’Rhéa veut rassembler 3100 bovins simultanément dans des hangars d’engraissement. L’objectif, tenez-vous bien, est d’envoyer 5000 animaux à l’abattoir chaque année, soit environ 100 vaches par semaine. C’est tout simplement énorme. Pour vous donner un point de comparaison : 87% des élevages bovins en France comptent moins de 100 vaches. Là, ce sera 100 vaches abattues chaque semaine. Et ce pour 5 salariés à temps plein, pour 5000 bovins par an, soit un salarié pour 1000 vaches.

Avec de tels chiffres, comment imaginer que les animaux puissent vivre dans de bonnes conditions et, comment imaginer que les petites exploitations familiales puissent rivaliser ?

Pour finir, il est important de souligner que pour cette usine à vaches comme pour le méga-poulailler de la Drôme, des enquêtes publiques sont en cours, ce qui veut dire que l’État a encore le pouvoir de stopper cette folie.

L’équipe