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Interdépendance2018-09-02T21:54:50+00:00

L’interdépendance ?

Comprendre ce qu’est la biodiversité et l’interdépendance, c’est réaliser qu’à chaque niveau d’organisation du monde vivant les relations qui s’instaurent entre les structures ou les êtres vivants sont essentielles au maintien de l’ensemble. Car tout est lié. Au sein d’un organisme, d’une société ou d’un écosystème, la vie est à la fois une dans son expression, et multiple par ses interdépendances. Dans cette multiplicité, de la première proto-cellule apparue il y a plus d’un milliard d’années aux expressions les plus complexes du monde vivant d’aujourd’hui, nous ne sommes finalement ni les mêmes ni différents. Nous appartenons à une même famille planétaire.

En vidéo

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C’est en 2016 que s’est déroulé le symposium sur l’interdépendance du monde vivant. Organisé par Planète-Vie et le Jane Goodall Institute (JGI), ce symposium original et novateur a fait de Bruxelles la capitale mondiale d’une réflexion sur l’interdépendance et la solidarité avec l’ensemble du vivant.

Revue de presse

Lettre ouverte aux députés fédéraux


Dans le  but d’attirer l’attention des politiques belges sur l’impact de leurs décisions sur la planète, nous leur avons adressé, en mars 2018, une « Lettre ouverte aux députés fédéraux » afin de leur demander d’intégrer les principes de l’interdépendance dans la Constitution. Cette lettre ouverte a été relayée par la presse et les médias.

Mesdames, Messieurs les députés,

« L’homme est devenu responsable du zoocide le plus important que la terre ait connu : chaque année, 60 milliards d’animaux domestiques sont tués dans nos élevages industriels, près de 1000 milliards dans l’écosystème marin. Quant à la faune sauvage sacrifiée au bénéfice des activités humaines, on prévoit d’ici à 2050 que 30% des espèces auront disparu de notre planète… » .

L’effondrement de la biodiversité qui découle de ce constat est désormais une urgence planétaire. Elle nous concerne tous. En effet, en bouleversant les équilibres qui sous-tendent le « système terre », elle menace l’ensemble du monde vivant, l’espèce humaine y compris.

Cette situation s’est accélérée depuis l’avènement de l’ère industrielle. Elle repose sur une incohérence sémantique et son corolaire juridique présents dans la plupart des codes civils occidentaux. L’organisation de nos sociétés s’est faite sur base des rapports entre deux catégories juridiques, celle de l’homme et celle des biens, meubles ou immeubles. Pourquoi ? Tout simplement pour permettre à l’homme d’exploiter la planète selon ses propres règles. Si nous devions nous limiter à deux catégories juridiques, n’aurait-il pas été plus logique de séparer le vivant (dont l’homme) d’une catégorie reprenant le « non-vivant » c’est à dire les choses ?

Enfermer le monde vivant dans la catégorie des biens a autorisé une exploitation à outrance de nos ressources planétaires sans aucun respect pour les autres formes de vie, tout aussi légitimes que l’est l’être humain. Cette exploitation génère dès le plus jeune âge une fracture entre l’homme et la nature qui instaure sa suprématie sur terre. Enfin, représenter le vivant comme un meuble, c’est le condamner dès le départ à l’état de chose morte. Or, en condamnant le vivant, nous nous condamnons, car tout est lié comme nous le montrent les principes d’organisation des systèmes complexes.

Nous vivons dans un monde de plus en plus compartimenté en même temps que paradoxalement globalisé.
Quelle que soit notre sphère de connaissance ou notre domaine d’activités nous ignorons bien souvent sur quoi, comment, et dans quel esprit travaillent nos collaborateurs et a fortiori les autres acteurs sociétaux. Mais, plus grave encore, en perdant toute vue globale, nous en sommes venus à ignorer les mécanismes fondamentaux qui gouvernent toute vie, toute forme d’organisation sur terre. Au fil des décennies nous avons remplacé l’interdépendance et la solidarité par la compétition, érigée en dogme. La loi du plus fort prévaut désormais, alors qu’elle s’avère la plus grande menace pour l’humanité et la vie dans son ensemble.

C’est dans cette perspective que nous vous adressons aujourd’hui une lettre ouverte.
Et c’est dans cet esprit que nous envoyons à tous les députés un exemplaire de l’ouvrage « Ceci n’est pas un dauphin, manifeste pour une reconnaissance juridique du monde vivant » en version électronique (un exemplaire papier peut être envoyé également sur demande).
Le ministère fédéral de la justice s’attelle actuellement à un vaste remaniement du Code civil belge. Il est essentiel que chacun des députés fédéraux soit mis au courant de ce travail et de ses implications dans le futur.

La tentation est forte de maintenir le système à deux catégories – humains et biens, incluant ou non des « êtres sensibles » – et d’entériner les choix du passé voire même à les renforcer. Ce système aveugle, dénué de toute forme d’éthique, de compassion et de sagesse à long terme nous mène à une catastrophe sans précédent.

Si nous voulons réellement respecter la nature et le monde vivant dans son ensemble, nous devons leur reconnaître une identité et des droits. Ce sera la seule façon de les défendre. La Belgique peut oser un changement de paradigme fondamental en proposant de créer une catégorie juridique à part entière pour le monde vivant, différente de celle de l’homme et de celle des biens.

D’ailleurs, c’est ce qui a été repris dans plusieurs projets législatifs proposés par les Régions, actuellement compétentes en matière de bien-être animal, tel que l’avant-projet de Décret du Gouvernement Wallon sur la modification du code civil qui prévoit entre autres :
«L’objectif est d’extraire l’animal de la catégorie des biens. Cette modification de statut devrait permettre à la justice de sanctionner plus sévèrement l’abandon ou la maltraitance tout en participant à l’évolution des mentalités en faveur du bien-être et du respect des animaux.»

Cette demande répond aux aspirations d’une grande partie de la population belge et s’exprime de façon claire et humoristique au travers de l’un de ses représentants les plus charismatiques…

Yvan Beck & Jose Javier Paniagua, Planète-Vie